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Rimpfischhorn (4199m)

Rimpfischhorn 11-12 août 2018

Une épopée rocambolesque org. par Patrick Mast & Simon Schneider

Il était une fois, quatre amoureux de la montagne (Patrick, Simon, Christelle et moi) qui montèrent dans le premier train pour rejoindre Zermatt. Grâce au « métro alpin », ils atteignirent rapidement et sans effort, la station de, Sunnega, où ils furent accueillis par le Cervin, trônant en toute fierté et majesté à l'horizon. Ce n'est pas par n'importe quel chemin qui mène à la Täschhütte, mais l'un des plus beaux du monde (selon Simon se référant à la modeste publicité faite par la commune) ! Malgré cela, les quatre marcheurs ne prirent que peu de temps pour contempler le panorama qui s'offrait à eux et regagnèrent la cabane en un temps record. Le programme de l'après-midi fut lourdement chargé : entre bières, Apfelschorle, tarte aux pruneaux et longue sieste. Cette dernière fut interrompue par l'appel au souper, où un cinquième acolyte vint se joindre au groupe (Didier). Retour dans les couchettes, pour une courte nuit, un sommeil en effet à nouveau interrompu par l'appel au p'tit déj'cette fois-ci.

Il est 3h45, le soleil dort encore, mais l'air est doux et le ciel magnifiquement étoilé. Les cinq aventuriers sont sur le départ. Un sentier les emmène au glacier et les premières pointes de crampons y crissent avec délice vers 5h45.

Bientôt, notre regard s'égare vers l'horizon où le Cervin rougeoyant s'impose en pilier de féérie, magie et mystère. Mais voilà qu'il faut regarder où mettre ses pieds, car le terrain descend pour mieux remonter. Nous sommes fiers d'atteindre le col qui frôle déjà les 4'000m. Par contre le sommet nous attend plus loin, plus haut, et il faudra escalader encore les escaliers rocheux qui nous rapprocheront du ciel. C'est sur le coup des 11h que nous flottons au-dessus des nuages, entre ciel et terre, perdus dans un panorama au goût d'infini et de liberté.

Une trentaine de minutes plus tard, nous entamons la descente, alternant entre pose de rappels et désescalade. Le retour au col prend plus de temps que prévu, mais pour éviter trop de dénivelée négative, nous choisissons de maintenir l'itinéraire vers Blauherd.

Comme l'indiquait la carte, nous nous trouvons face à un ensemble de rochers à travers lesquels se dissimule un sentier permettant de rejoindre le glacier en contrebas. Sans cairns en vue, nous tentons de lire le terrain à la recherche d'indices de passage. Nous optons et nous engageons dans une voie qui se révélera rapidement ne pas être la bonne. Le temps s'écoule (1h30-2h) alors que nous essayons péniblement de traverser et dévaler le territoire abrupt et rocailleux. Nos cœurs se réjouissent alors que nos pieds retrouvent enfin la stabilité de la surface blanche et brillante. Nous avons retrouvé les cairns qui bientôt nous emmènent hors de la glace, sur un terrain de pierres légèrement en pente, où nous ôtons les crampons. Après s'être ravitaillés quelque peu, nous poursuivons notre route. Toutefois, plutôt que de profiter de la légèreté offerte par l'absence des crampons, la lourdeur de la fatigue fait tituber certains participants. De plus il est environ 18h, ce qui implique que ni Blauherd ni Sunnega ne sont désormais des options, car leurs dernières correspondances ne nous attendront pas. Un plan B doit donc être rapidement trouvé, d'autant plus que le réseau peut faire défaut à tout moment. Descendre à Zermatt ? Descendre à Täsch ? Et les correspondances pour Neuchâtel ? Tant de questionnements… Nous décidons de contacter l'épouse de Didier, qui accepte, avec une bonté extrême, de faire ~2heures de route pour venir nous attendre et nous récupérer à Täsch. Nous poursuivons notre descente soulagés, mais pour peu de temps, car un obstacle de taille s'élève soudainement devant nous : il faut escalader le rocher en utilisant des cordes fixes. Les forces manquent pour une telle épreuve. Nous nous préparons donc à contourner le bloc rocheux par la droite. Cependant, alors que nous refixons nos crampons, d'énormes pierres chutent exactement là où nous comptions passer. Le découragement est palpable. Il est quasiment 19h, nous sommes encore toujours à plus de 3'000m, et nous redoutons l'arrivée de la nuit. C'est alors que surgit l'idée de contacter Air Zermatt pour demander conseil. Une vingtaine de minutes plus tard, les trois premiers participants sont héliportés vers Zermatt, tantôt rejoints par leurs deux autres compagnons.

Didier partira rejoindre sa femme à Täsch et les quatre autres monteront dans le dernier train qui les emmènera sains et saufs chez eux.

Malgré le caractère épique de cette course pas comme les autres, je garderai un très beau et très précieux souvenir de mon premier 4'000 et je suis très heureuse de pouvoir partager cette expérience avec vous, chères lectrices et chers lecteurs, à travers la rédaction de mon premier récit de course.

Merci du fond du cœur à Patrick, Simon, Didier et Christelle pour ces partages mémorables.

 

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