Ober Gabelhorn

Ascension du Ober Gabelhorn (4064m) par l’Arbengrat le 23-24 juillet 2026

Quoi de mieux que de gagner un peu d’altitude lors des fortes chaleurs de juillet ? Grâce au chef de course Andreas Hutter, nous mettons le cap sur Zermatt avec un objectif ambitieux : gravir l’Ober Gabelhorn (4 064 m) par l’Arbengrat, l’une des traversées les plus esthétiques des Alpes. Initialement prévue pour six participants, la sortie se fera finalement à deux.

Depuis Schwarzsee, nous rejoignons l’Arbenbiwak en 3 h 30. L’ambiance est conviviale : trois autres cordées seulement occupent le refuge, dont deux guidées. Après un repas partagé, chacun se couche tôt. Le réveil est fixé à 4 heure.

Au petit matin, le vent est tombé et les conditions sont idéales. À la lueur des frontales, nous remontons un pierrier puis une pente de neige dure jusqu’à la grande vire de la face sud. Les crampons sont rangés et l’escalade démarre enfin. Mais les quelques chutes de pierres déclenchées par les cordées qui nous précèdent nous rappellent vite que la montagne impose de rester vigilants.

L’Arbengrat offre une escalade variée sur un rocher généralement excellent. Les passages en 4b du Grand Gendarme et une magnifique cheminée constituent les temps forts de l’itinéraire. À 8 h 50, nous atteignons le sommet. La récompense est à la hauteur de l’effort : un panorama exceptionnel sur les sommets valaisans, qui fait toute la réputation de cette course.

La journée est loin d’être terminée. Une longue succession de désescalades et de rappels, facilitée par l’expérience d’Andreas, nous ramène jusqu’au Grand Gendarme. Après la Wellenkuppe, quelques nouveaux rappels dans un rocher plus délité demandent une concentration constante. Enfin, nous retrouvons le glacier, encore étonnamment bien enneigé malgré la chaleur, avant d’atteindre la Rothornhütte à 15 heures.

Au total, nous aurons parcouru l’itinéraire en 9 h 10, soit dans la fourchette annoncée de 9 à 10 heures. Andreas redescend directement sur Neuchâtel, tandis que je passe la nuit à la cabane. Je garde surtout le souvenir d’une course complète, exigeante sans être extrême, où la beauté de l’itinéraire, la qualité de l’escalade et la camaraderie auront rendu chaque effort particulièrement agréable. Les nombreuses photos rapportées prolongeront longtemps encore le souvenir de cette magnifique traversée.

Rédaction : Bernd Gladden