Jeudi
4 août 2005

Au petit matin, nous nous réveillons sous les yeux de nos hôtes, qui sont déjà en pleine activité pour nous préparer un magnifique petit déjeuner. Notre réveil est suivi attentivement, mélange de curiosité et de dévouement, nous sommes toujours mal à l’aise, car nos amis (la grande famille de Karimbaig) sont pleins de sollicitude, qui nous semble presque déplacée, mais qui fait partie de la tradition d’accueil de ces vallées.

Nous découvrons le fromage local au déjeuner, une sorte de fromage frais, semblable au sérac. Les estomacs pleins, nous chargeons les jeeps pour le voyage jusqu’à Chitral. 3 jeeps pour le matériel et 2 pour nous. Cette fois nous avons 2 jeep Willis et 3 veilles Toyota Land Cruiser. Ces véhicules sont entretenus et bricolés avec soin, avec un mélange de pièces américaines et japonaises.

Nos fesses avaient oublié la joie de ces 7 heures de bosses et de nids de poules. La « route » effondrée lors de notre venue a été réparée !!!! Mais nos spécialistes du génie civil tremblent lors du passage de chaque véhicule; les lois de la statique semblent bien différentes ici qu’en Suisse, Inch Allah !!

Finalement nous arrivons sans encombre à Chitral en fin d’après-midi et sommes accueillis avec beaucoup d’effusions par le staff du Moutain Inn, le magnifique Hôtel où nous allons passer quelques jours avant notre retour sur Islamabad.

 
 Vendredi
5 août 2005

Journée de repos, nous remettons nos os dans le bon ordre et profitons de faire quelques achats au bazar.

Fred et Jean-Mi décident de quitter leur déguisement Taliban (barbe et moustache) et s’installent sur le siège d’un coiffeur barbier, sous le regard du reste de l'équipe et de leurs appareils photos. Cependant le barbier en question explique qu’il peut bien couper la barbe à tous ceux qui sont déjà rasé mais qu'il ne peut pas le faire pour les barbus car ce travail est beaucoup trop important, donc impossible !!!!!, Nous repartons avec notre déguisement.

Avec leur parfaite maîtrise de la langue locale (le Kowar), Marc et Yves-Alain vont chez le marchand d’épice et se font offrir un petit sachet d’une vingtaine de gramme. Malgré de grandes discusions, impossible d’obtenir autrechose. Le marchand refuse tout argent en dépit des nombreuses tentatives d’explications en anglais, avec des gestes, etc... ils s'en vont bredouilles.

Cette journée nous fait un grand bien et déjà nous projetons la prochaine journée dans les vallées Kalasha et ses 3000 habitants non musulmans.

 
 Samedi
6 août 2005

Tôt le matin, nous et nos deux chauffeurs sommes prêts au départ. Cependant, notre officier de liaison a eu une panne de réveil. Nous lui faisons faire quelques pompes (!!!), lui laissons boire son thé et c’est reparti pour quelques heures de …..jeep.

Nous découvrons les rizières de la région et admirons ces belles contrées. Les rivières sont magnifiques, d’un bleu intense, contrairement aux autres rivières brunes pleines d’alluvions .

Ces vallées sont les principaux objectifs des touristes Pakistanais et occidentaux qui visitent la région de Chitral. Malgré une mauvaise route en terre, plusieurs hôtels et différents petits commerces signalent que le tourisme a investi les lieux. Les habitants sont partagés entre les bienfaits que représente cette manne touristique et la violation de leur intimité (coutume, mode de vie, etc).

Pour nous qui avons passé dans la Tirich Valley (Zondrangram), nous retrouvons cette vie de nos vallées alpines d'il y a environ une centaine d’année. Le bœuf à côté du foyer de la cuisine et quelques couches sommaires pour la nuit, est-ce que ces gens sont-ils moins heureux que nous ? La situation idyllique de l’été ne doit pas nous faire oublier les longs mois d’hiver où tout ces gens doivent se battre contre les attaques de la nature.

Nous rentrons bien fatigué mais cette fois nos fesses sont presque en bon état car nos chauffeurs ayant découvert les toits des jeeps, c’est debouts - comme des héros de guerre - que nous faisons notre entrée à Chitral.