Mardi
2 août 2005

Après un réveil un peu difficile après les excès de la veille (!), la journée est consacrée aux préparatifs pour la descente et au pliage du camp. En effet, chaque chose ayant une fin, le moment est arrivé pour nous de penser à la première étape du retour, soit la descente à pied jusqu’au village de Zondrangram.

Le matériel est trié et rangé dans les tonneaux qui sont numérotés et pesés. Les déchets sont triés et tout ce qui peut être brûlé disparaît dans un grand brasier. La nourriture qui nous reste est emballée dans des cartons. Elle sera redescendue et distribuée l’hiver prochain aux familles les plus démunies de la vallée. Persuadés que cet apport de nourriture sera très apprécié, nous regrettons toutefois de ne pas participer à leur découverte des goûts de Cénovis, Nutella, Ovo Sport ou fromages suisses !!!

A la fin de la journée, un petit air de désolation règne sur le camp de base, mais tout est prêt pour l’arrivée des 66 porteurs, demain matin.

Nous avons un peu l’impression de déménager d’un lieu auquel nous nous sommes attachée et qui représentait le confort absolu au retour de chacun de nos séjours en altitude. Nous nous consolons en dégustant notre dernier souper…une fondue !

Enfin, comme les tentes ont déjà été pliées, nous profitons tous d’une délicieuse nuit à la belle étoile sous un ciel magnifique parcouru de nombreuses étoiles filantes.

 
Mercredi
3 août 2005

C’est le grand jour du départ ! Au petit matin, nous assistons à l’arrivée que les porteurs qui montent en même temps que le soleil, semblables à une armée qui envahirait notre petite vallée.

Après quelques palabres, chaque porteur met sur le dos la charge qui lui a été attribuée et entame la descente. C’est une longue file qui se forme et s’étend sur le petit sentier qui longe la rivière au fond de la vallée, nous nous y joignons tout en jetant un dernier regard sur « notre » sommet…

La descente se déroule sans encombre. Les principales difficultés consistent à franchir les rivières grossies par la fonte des neiges mais, comme nos porteurs ont pris soin de construire quelques ponts en montant, ces obstacles sont franchis sans peine.

Cependant, Marc et Yves-Alain ont décidé d’augmenter la difficulté en effectuant le trajet en sandale... il faut dire que leurs orteils gelés ont obstinément refusé de se laisser enfermer dans des souliers en cuir.

C’est donc après une bonne journée de marche et couverts de poussière que nous apercevons le village et ses champs verts, nous sommes accueillis avec enthousiasme par les enfants qui nous attendaient sur le chemin.

La journée n’est néanmoins pas encore finie, nous devons payer les porteurs et Corinne, notre médecin, a déjà une file de patients qui l’attendent pour des consultations….

C’est seulement bien tard dans la soirée, après un bon et grand repas pris sous les étoiles et en nous glissant dans notre sac de couchage que nous pouvons prendre conscience de ce premier retour à la civilisation qui n’est pas si facile que ça.