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Au camp 2, Marc et Jean-Mi espèrent enfin dormir sur leurs deux oreilles, pendant une nuit entière, le temps à cette altitude étant nettement meilleur que ne le laissaient prévoir les conditions rencontrées le matin au camp 3. Le réveil est réglé pour 8h00. Une grasse matinée en perspective.
Mais... vers 22h30, tu dors ? Non, un accès de toux ; la soif ; nous voilà déjà réveillés. Bon ! nous nous retournons et prolongeons tant bien que mal notre nuit. Deux heures du mat. De nouveau, un petit ballet de lampes frontales. Cette fois, c'est notre vessie qui nous joue des tours. Plongés dans nos sacs de couchage, la température extérieure avoisinant -25 C° et la toile de tente étant tapissée de givre, nous sommes face à un cruel dilemme. Se lever et se soulager ou continuer la torture ? Nous optons pour une solution intermédiaire, une bouteille plastique vide faisant l'affaire ! Après quelques contorsions nous pouvons poursuivre notre sommeil.
Ce n'est finalement pas le réveil qui nous sort de nos songes, mais notre habitude des derniers jours. Nous restons plongés dans nos sacs jusqu'à ce que le soleil réchauffe l'atmosphère et fasse fondre le givre dans la tente : petite douche agréable le matin au réveil.
Nous plions le camp et nous préparons à descendre. Nous avons fixé un rendez-vous au reste de l'équipe au haut des cordes fixes, mais nous devons transporter environ 200 kg de matériel !
Hector sera notre aide pour ce dur travail (un sac de bivouac, rempli d'une bonne partie du matériel et ficelé avec attention). Nous entamons la descente à trois. Dans la première partie en dévers notre ami n'est pas très coopérant, mais lorsque la descente est plus rectiligne nous descendons avec joie en direction de nos copains.
Nous retrouvons une première équipe et déchargeons Hector. Les sacs sont lourds. Nous nous dirigeons vers le camp 1. Fred et Cédric enlèvent les dernières cordes fixes. Après ça, il ne reste que quelques pitons dans cette montagne.
Au camp 1, Corinne et Martin sont montés avec nos amis pakistanais pour une petite visite et pour profiter de descendre une partie du matériel. Notre cuisinier Hussain, également porteur d'altitude, monte comme un chamois, personne ne peut le suivre. Karimbaig, notre hôte, ami amoureux de sa région, nous surprend toujours par son habileté et son excellent physique. Hassad, notre officier de liaison, malgré son entrainement militaire, peine un peu dans les virages.
La descente est plus épique, mais ils arrivent sans problème au camp de base. Le reste de l'équipe descend lourdement chargé.
Deux tonneaux sont balancés dans le couloir. Ils descendent... on espère. Ils s'arrêtent... on s'énerve. Ils repartent, ils s'envolent... on rigole. Ils disparaissent... on rigole moins. Après quelques recherches nous retrouvons nos deux lascars. Tiens, ces sacs sont géniaux, on peux ajouter plein de choses; mais c'est étonnant, ils pèsent beaucoup plus sur nos pauvres épaules !
En fin de journée nous sommes tous au camp de base: accueil extraordinaire par notre cuistot.
Tous réunis, nous savourons ce moment intense, plein de bonheur dans notre équipe. Nous avons eu une chance extraordinaire, pas d'accident, une météo exceptionnelle et un magnifique esprit d'équipe. |